LE TRAVAIL DE LIBERATION Décolonisation Lorsque le Bourreau est fortement marqué d'identification à l'agresseur on peut comparer le travail de libération psychique à une guerre de décolonisation. On sait que dans ces cas-là : 1) les autochtones doivent arrêter d 'être séduits par les valeurs du colon (il s'agit donc de voir le prix payé pour la soumission aux injonctions, trouvées séduisantes jusqu'à présent) 2) il leur faut repérer secrètement les stocks d'armes, et ne pas montrer trop vite leur désir de révolte, sous peine d'être immédiatement écrasés (on va observer le travail du Bourreau sans interférer, dans un premier temps). 3) ils ont fréquemment besoin de l'aide d'un pays étranger (consulter un thérapeute ou appliquer fortement les conseils qui vont suivre) 4) lorsqu'ils entreront en guerre ouverte c'est qu'ils auront tout d'abord nettement augmenté leur force (montée en puissance de l'Adulte Observateur, dégagé du jeu Bourreau-Victime).Ils agiront alors avec force et ténacité (refus de se complaire dans la culpabilité). Prise de conscience Il est capital de pouvoir repérer, cerner, distinguer le Bourreau en fonctionnement. En effet, rappelons-nous que son pouvoir tient en bonne part à son invisibilité. Cette stratégie consistant à discerner l'adversaire, auparavant insaisissable, est la base même de l'efficacité du processus de "prise de conscience". L'observation lucide du jeu d'interaction entre le sadisme du Bourreau et le masochisme de la Victime va permettre : j la désidentification d'avec ces deux parties psychiques, k le renforcement d'un Adulte lucide chargé ultérieurement de s'interposer entre les deux protagonistes, et de prendre lui-même le pouvoir afin de récupérer cette énergie (autrefois gaspillée dans ces interactions douloureuses) pour la mettre au service de la meilleure réalisation de la personne. Tout ceci apparaîtra clairement dans les conseils de ce chapitre, véritable fiche technique de travail, qui va proposer une trame précise pour ce cheminement libérateur. CONSEILS DE SURVIE Carte des stocks d'armes. 2 jours . Avant toute autre intervention, il est nécessaire de savoir sur quoi s'appuie le Bourreau, quels sont ses arguments favoris. Vous devez donc repérer soigneusement le terrain : Carte au 100 000° Pendant deux jours vous allez écrire sur un cahier toutes les idées, pensées, images, souvenirs, qui vous traversent l'esprit et vous font mal au moment où elles sont là. Notez-les immédiatement, lorsque vous les repérez. Le critère unique (pour savoir s'il faut retenir ceci ou cela) est le suivant : cela me fait-il sentir mal et / ou perdre de l'énergie ? Gardez soigneusement la liste établie (« je suis nulle », « je n'arrive à rien », mon couple bat de l'aile », « je n'aime pas mon corps », « j'ai de grosses fesses », etc) Carte au 25 000° Prenez une heure ou deux pour faire l'exercice écrit suivant . Vous allez fouiller en détail les sources de culpabilité ou de souffrance, en établissant des fiches. Pour chacune, vous notez le titre, en gros et en couleur, puis vous écrivez en-dessous les réponses au thème proposé. 1° Fiche. Titre : « Comment peut-on aimer quelqu'un comme ça ! » Sous ce titre vous allez noter tous les points suivants : 4 vos défauts (physiques, moraux, relationnels), vos lacunes et vos failles 4 les fautes que vous avez commises, et auxquelles vous repensez avec malaise 4 les projets abandonnés, les tentatives ratées, les velléités sans suite qui ont été les vôtres 4 les douleurs que vous avez provoquées autour de vous ; les déceptions que vous avez suscitées 2° Fiche. Titre : « Comment pourrait-on être heureux avec des souvenirs comme ça ! » 4 lister tous les souvenirs douloureux auxquels vous êtes accroché, qui vous reviennent régulièrement, qui ont déterminé votre personnalité 3° Fiche. Titre : « Comment pourrait-on savourer la vie avec un environnement comme ça ! » 4 il s'agit là de l'environnement proche. Noter tout ce qui est critiquable et source de malheur dans votre monde environnant (le partenaire, les enfants, les voisins, le travail, la famille, la belle-famille) 4° Fiche. Titre : « A quoi bon vivre dans un monde pareil ! » 4 noter ici tout ce qui va mal dans le monde, tout le catastrophique déversé chaque jour par les médias et auquel vous adhérez 5° Fiche. Titre : « A quoi bon vivre, puisque je vais mourir ! » 4 étaler ici les critiques que vous pouvez parfois vous faire sur votre petit destin médiocre dont plus personne ne se souviendra dans quelques dizaines d'années. 6° Fiche. Titre : « J'ai trahi mes rêves d'enfance ! » 4 exposer les rêves plus ou moins grandioses qui habitaient l'enfant (ou l'adolescent) que vous étiez, et souligner comment vos compromis les ont "trahis" Normalement, à la fin de tout ce travail écrit vous ne devriez pas vous sentir trop en forme ! C'est qu'il s'agit là de toutes les bonnes "touches" sur lesquelles le Bourreau a l'habitude d'appuyer. Soulignez en rouge, pour finir, dans toutes ces fiches, cinq idées, remarques, ou souvenirs, qui "marchent" particulièrement bien et qui vous écroulent ou vous blessent facilement. Constat des injonctions. 3° jour . Il s'agit d'une prescription apparemment positive, que nous appliquons dans notre vie courante, mais qui nous empêche de vivre bien. Chacun peut avoir les siennes, spécifiques, cependant les plus connues et les plus courantes sont les suivantes : Sois Parfait (S.P.) Il faut toujours tout faire parfaitement, n'oublier aucun détail, être crispé-anxieux, vérifier et revérifier afin d'éviter toute critique. La personne passe souvent plus de temps que prévu pour faire une tâche (par exemple, le ménage) et elle fatigue son entourage par son exigence excessive et ses attentes de perfection quelque peu utopiques. Ainsi SP est-il sous tension, mais aussi exigeant et critique envers son environnement. Au bout du compte, cette injonction l'empêche de savourer la vie et, comme la perfection n'est pas de ce monde, SP est perpétuellement insatisfait de lui-même et de l'entourage. Sois Fort (S.F.) "Ne montre ni ce que tu penses ni surtout tes émotions. Ne laisse pas apparaître tes faiblesses et incertitudes. Arrange-toi pour t'en sortir seul. N'admets pas que tu puisses t'être trompé". La personne a un aspect rigide, relativement intolérant. Elle est dans son armure, peu en contact, plutôt méfiante. Elle ne sait pas demander de l'aide. Cette injonction, volontiers présente chez les hommes, finit par leur faire perdre le contact avec le monde émotionnel. Ne ressentant plus grand chose, ils ont au cœur une sorte de manque, de vide. Et sont obligés, assez souvent, de se masquer cela par un activisme permanent. Fais Plaisir (F.P.) Il s'agit d'être en bons termes avec tout le monde, et d'éviter les heurts, même à son détriment. Il faut être toujours gentil, ne pas dire ce qui déplaît. L'essentiel c'est que les autres soient satisfaits, quitte à masquer pour cela les problèmes ou difficultés... ce qui finit par amener de gros à-coups. "Néglige tes désirs, fais plutôt passer ceux des autres avant les tiens. Ne pose pas de limites. On t'aimera ainsi". En fait, à force de se faire passer en dernière sur la liste, la personne finit par induire que les autres la négligent ; et elle se retrouve ainsi payée d'ingratitude. Nous avons déjà vue cette injonction, plus en détail, page 27. Dépêche-Toi (D.T.) "Seules importent les actions menées rapidement et fébrilement" . On ne peut jamais prendre son temps. D.T. traîne jusqu'à la dernière minute, ajoutant encore et encore une ultime action, puis il est obligé de courir et de se dépêcher... arrivant parfois en retard. La personne est agitée, surmenée, survoltée. En fait, elle cherche ainsi à ne pas penser (et souvent ne pas conscientiser ce qui pourrait être douloureux et qui nécessiterait d'être traité). Si elle arrive à maintenir ce rythme sans craquer physiquement (ce qui est rare) elle se retrouve âgée sans avoir vu sa vie passer. Fais des Efforts (F.E.) "La vie est faite pour qu'on en bave. Une tâche facile, une réussite aisée, ne sont pas valables". Ainsi FE n'hésite-t-il pas à se compliquer la vie, à s'y reprendre à plusieurs fois sans arriver vraiment à finir. La personne complique, et se sent ensuite écrasée par cette tâche, tout en continuant à s'accrocher. Elle se sent alors justifiée de se plaindre mais aussi de critiquer les autres s'ils ont l'air de faire les choses plus facilement... ce qui énerve l'entourage, bien sûr. Elle aime "discuter", histoire de compliquer encore un peu. Ainsi reste-t-elle dans une vie d'efforts peu satisfaisants, incapable de réussir aisément. Il est donc nécessaire que vous constatiez, dans cette série, quelle est votre injonction dominante. Parfois il y en a deux, ou plusieurs, presque à égalité (par exemple : SP + SF). Toutefois, dans ce travail libératoire, je vous suggère de n'en choisir qu'une seule tout d'abord, sur laquelle vous concentrerez vos efforts. En effet, quand vous aurez réussi à en faire évoluer une, il vous deviendra plus facile de vous attaquer aux suivantes. Choisissez donc celle qui est la plus forte de toute (ou la plus coûteuse) parmi ces cinq injonctions. Observer le fonctionnement de l'ennemi. 15 jours . Maintenant vous savez quelles sont les principales armes utilisées par le Bourreau. Reste à observer le duo Victime - Bourreau en pleine action. C'est ce à quoi vous allez consacrer deux semaines désormais. Les consignes à respecter sont les suivantes : 1) Afficher dans un endroit suffisamment visible (la porte du placard de vos vêtements, ou bien près du miroir de votre salle de bains) la carte au 100 000° et l'injonction favorite. Tous les matins, en vous levant, lisez ces feuilles précisément de façon à les mémoriser parfaitement. 2) Durant la journée, observez ce qui se passe en vous, et repérez chaque fois que le Bourreau est en train de vous servir un des arguments écrits sur votre liste. Constatez combien la Victime accepte complaisamment toutes ces idées, et les considère comme vraies. 3) Au début, sans doute, vous ne remarquerez les rapports Bourreau - Victime que longtemps après (« Ah oui ! Je me suis démoli, tout à l'heure, avec telle ou telle idée, souvenir, pensée, conviction »). Peu à peu vous devrez arriver à vous surprendre en train de jouer ce jeu d'enfer le plus près possible du moment où cela se passe. 4) Et voici un point capital : durant ces quinze jours, même quand vous voyez clairement le Bourreau faire son œuvre, ne changez rien, n'intervenez pas, ne cherchez pas à lui échapper ou à le contredire. Il est nécessaire que vous observiez jusqu'à saturation les dégâts en train de se faire. Les buts de cette manœuvre sont les suivants : j il s'agit de développer votre Adulte - Observateur, et non pas, à cette phase, d'entrer en guerre. Celui-ci se développera d'autant plus que vous aurez progressivement ressenti un ras-le-bol grandissant face au constat de votre habileté à vous pourrir la vie. k si vous vous opposez directement à votre Persécuteur interne, ça marchera peut-être pendant trois jours, mais, à cette étape où vous n'êtes ni habile ni renforcé, cela débouchera sur un retour en force du Bourreau, une surenchère de pensées déprimantes, et un abandon de ce travail de libération, persuadé que vous serez alors de ne pas pouvoir gagner cette guerre. Donc l'attitude à avoir est la suivante : vous constatez les dommages en cours, vous n'intervenez pas pour changer quoi que ce soit, mais vous vous dites alors consciemment : « Tiens, voilà mon Bourreau à l'œuvre, et ma Victime qui accepte de se laisser enfoncer ». Ce faisant vous vous entraînez à identifier le fameux Bourreau invisible. Au final, il faudrait qu'une sorte de petite sonnette résonne en vous chaque fois que vous vous surprenez en train de vous démolir. 5) Un soir sur deux, vous relisez la Carte au 25 000° afin de voir si certains arguments ont été utilisés durant la journée. L'autre soir vous faites le bilan de la façon dont votre injonction vous a mené durant ces deux jours. Remarques sur cette première quinzaine Cette première période d'observation du Bourreau est la plus aride. En effet, on se contente d'observer, sans apercevoir encore la lumière de la sortie. Les points les plus habituels sont les suivants : è Tout d'abord les sentiments fréquemment ressentis sont plutôt lourds : tristesse de voir ce Schéma Destructeur, amertume de gâcher sa vie, colère contre soi et/ou contre les autres, incertitude sur le sens de tout cela, sentiment de vide. Puis, dans un second temps : oubli progressif de ce travail... le cahier est moins consulté, moins tenu... è Il peut arriver aussi toute une panoplie de pensées dont on ne sait pas si nous devons ou non les attribuer au Bourreau. Or l'unique critère à appliquer durant cette période est le suivant : est-ce que ça me rend heureux, est-ce que c'est à mon service ? et si ce n'est pas le cas, on les attribue au Persécuteur. è Des arguments nouveaux peuvent être invoqués par le Bourreau. Exemples : Ø Tu vois bien que ce que je te dis est objectif Ø C'est pour ton bien Ø Sans moi, ta vie sera vide et perdra tout son sel Attitudes à adopter è Face aux sentiments désagréables, et aux arguments du Schéma Destructeur : continuer le travail d'observation, et surtout ne pas fuir ces sentiments (déprime, colère, etc). En effet cette révolte/colère est à conserver (et à mémoriser) pour le temps où vous entrerez en conflit ouvert avec ce colonisateur interne. Evitez de « sortir » ceci contre votre environnement. (Remarquez des éventuels accès de colère ou de révolte, inhabituels ; et gardez-vous de trop vous y laisser prendre) Guerre ouverte. 15 jours Feuilles d'état-major è vous allez choisir cinq des idées les plus démolissantes que vous avez vu fonctionner durant cette première quinzaine. è pour chacune vous trouvez un contre-argument, exprimé sous une forme crédible et dans un mode positif. Exemples : ¯ croyance démolissante : « j'ai une sale gueule » ¯ contre-croyance : « ma tête a du caractère, et certains peuvent donc l'aimer » ¯ croyance démolissante : « je suis trop lente pour tout » ¯ contre-croyance : « chacun son rythme ; aller pas à pas mène à mon but » ¯ croyance : « je ne comprends jamais rien » ¯ contre-croyance : « j'ai l'esprit pratique et concret ; c'est un gros atout dans beaucoup de circonstances » etc... è pour l'injonction dominante, vous déterminez une contre-injonction. Exemples possibles, mais c'est surtout à vous de déterminer ce qui "collera" le mieux : SOIS PARFAIT * Comme je fais c'est bien, et c'est suffisant * Je préfère être vivant que parfait * L'autre fait le mieux qu'il peut et il n'est pas moi SOIS FORT * J'amplifie intérieurement mes sentiments et émotions afin de bien les percevoir, puis je les exprime en message "je" * Etre Vulnérable, c'est l'accès à l'intimité vraie FAIS PLAISIR * L'autre m'aime pour ce que je suis, et non pour ce que je fais pour lui * Plus je suis moi-même, plus on m'aime * D'abord je me demande ce qui est bon pour moi, ce que je veux * Je choisis , clairement , je mets le paquet, et tout réussit * Je m'occupe avant tout de ma propre évolution, et je renonce à réformer les autres * Je me laisse porter par la vie, je lui fais confiance, et elle m'amène avec aisance vers mes buts DEPECHE TOI * Je gère mon temps ; je me programme des plages libres * Je délègue, au lieu de vouloir tout faire * La vie m'amènera ce qu'il faut ; je lâche prise ; je fais confiance è Puis vous prenez six feuilles : cinq pour les contre-croyances, et une pour la contre-injonction. Sur chaque feuille vous notez la nouvelle phrase et vous la décorez avec plein de couleurs. Entrée en lice è A la place de la feuille affichée précédemment (celle des pensées négatives) vous mettez vos six dessins. Affichez les dans un endroit où vous pourrez bien les voir tous les jours. è Désormais, et en tout cas durant au moins deux semaines : Y Tous les jours, vous lisez ces phrases et regardez ces dessins Y Dans la journée, chaque fois qu'un des cinq arguments apparaît, et chaque fois que l'injonction se manifeste, vous prenez activement le contrepied en appliquant vos nouvelles phrases et votre nouvelle injonction Y Mais cette prise de contre pied du Bourreau ne doit pas être conçue comme une « lutte » corps à corps. Il s'agit plutôt d'adopter une sorte d'attitude détachée et résolument indifférente. C'est quelque chose comme « Cause toujours, toi ! Je connais tous tes arguments, mais je me fous d'eux. Ce qui m'importe désormais ce sont mes désirs de réalisation et de succès ». N'argumentez pas plus avec la voix de ce Persécuteur que vous n'auriez argumenté avec la voix dans le grand magasin... sinon vous retomberez inévitablement dans le processus habituel. Au fur et à mesure, vous allez sentir des montées d'énergie et de vigueur. Restez cependant assez vigilant envers l'ancien Schéma Destructeur. Ne vous reposez pas sur vos lauriers en pensant l'avoir vaincu « pour toujours ». Mais si vous faites une petite rechute, n'en déduisez pas non plus que la partie est perdue (ce serait typiquement l'argument que le Bourreau utiliserait pour vous convaincre qu'il doit bien rester au pouvoir). Considérez ceci comme une reprise de fièvre sans grande importance et reprenez votre marche en avant, en particulier en vous attelant à la réalisation d'un projet qui vous tienne à cœur. Stabilisation. Réorganisation. 15 jours Beaucoup d'entre vous, à cette étape, vont donc sentir une pêche, une vitalité, inconnue depuis longtemps. C'est que, maintenant libéré de ces piques incessantes, vous retrouvez votre punch naturel. Toutefois, comme vous ne connaissiez presque plus ce niveau d'énergie, cette expérience est susceptible de vous incommoder. Cela ressemble à une surtension : vous dormez moins, vous mangez moins, vous vous sentez comme un cheval de course. Le risque, face à cette puissance, se situe dans le malaise que vous pouvez ressentir. Il n'est pas rare qu'à défaut de canaliser cette force nouvelle dans un projet ou une action, des personnes choisissent inconsciemment d'en diluer une bonne part grâce à un symptôme. Plutôt que de se sentir sous pression, elles préfèrent être (un peu) malades. Afin d'éviter ce gâchis, il va falloir utiliser cette pulsion de vie au service de votre meilleure réalisation. Si vous avez déjà en cours un projet stimulant n'hésitez pas à y consacrer vos nouvelles forces. Sinon voici comment créer un projet énergisant. Matériel : 2 feuilles, et des feutres de couleur Projet grandiose Laissez-vous délirer sur un projet grandiose, tel qu'aurait pu le rêver l'enfant que vous étiez. Devenir une star internationalement connue, être un saint ou Mère Thérésa, s'accomplir en artiste aussi doué que Léonard de Vinci, etc, etc. Puis dessinez sur la feuille, avec beaucoup de couleurs, tout ce qui peut évoquer cette magnifique réussite. Prenez le temps, savourez. Projet à 5 ans Prenez ensuite l'autre feuille. Elaborez un projet répondant aux critères suivants : si vous mettiez vraiment le paquet, quelle réalisation, relativement improbable mais cependant atteignable, pourriez-vous réussir ? Cela va donc présenter un aspect plus concret : maison, piscine, auberge d'accueil pour enfants, tournée de spectacles, peu importe ; ce qu'il faut c'est qu'il corresponde vraiment à vos désirs. Dessinez, là aussi, le plus précisément possible. Comparaison, puis choix réaliste Mettez les feuilles l'une à côté de l'autre. Voyez laquelle vous séduit le plus ; il y a de bonnes chances pour que cela soit le dessin « grandiose ». Préparez-vous cependant au geste suivant. Quand vous serez prêt... déchirez en petits morceaux le projet grandiose, en acceptant intérieurement d'y renoncer... au moins pour le moment... et de ne plus penser qu'à l'autre perspective. Attention de ne pas vous tromper de feuille ! Revenez à l'autre dessin, qui va peu à peu se charger de l'énergie mise précédemment dans le grandiose. Voyez qu'il peut aussi être très attractif. Prenez alors la décision d'arriver à le réaliser. Mise en chantier Vous allez atteindre ce but, c'est certain. A condition de canaliser votre énergie. Et pour ceci, vous allez noter au dos du dessin les trois choses suivantes : 1) ce que je vais réaliser dès demain, pour symboliser le premier pas en direction de ce but : ... 2) ce que j'aurai réalisé dans un an pour arriver à mon but : ... 3) ce que j'aurai réalisé dans trois ans pour arriver à mon but : ... Affichez ensuite votre dessin dans un endroit où vous le verrez souvent et facilement. Lancez-lui des pensées positives quand votre regard le croise. Observez, de temps à autre et du coin de l'œil, comment votre Bourreau va tenter de procéder pour empêcher cette réalisation. Juste histoire de le stopper dès qu'il remontre son museau... Voilà. Je vous souhaite liberté et joie de vivre ! |