DEUX CONSTATS A l’heure actuelle, beaucoup de gens consultent spontanément un psychothérapeute. Il n’est plus étrange ou inhabituel d’envisager de trouver une aide lorsqu’on se débat avec des difficultés psychologiques, psychosomatiques, relationnelles, sexuelles. Le public, informé par de grands média, sait qu’il pourra éviter de s’enfermer dans des symptômes encombrants s’il les dénoue sans attendre, sans les laisser se chroniciser. De ce fait la demande auprès du psy est plus naturelle. Elle n’émane plus inévitablement d’un public « averti ». Elle n’est pas forcément demande de psychothérapie longue. Par conséquent, lors de cette ou ces premières consultations, ces clients « novices » attendent légitimement des résultats. Ils sont pris dans une situation qui leur fait perdre espoir, et qui leur donne le sentiment d’être arrivés au bout de leurs ressources. Ils ont besoin de retrouver l’espoir et la confiance en leurs propres capacités. Plongé dans ce vécu, il peut arriver que le consultant rencontre un psy de culture psychanalytique qui (dans l’idée compréhensible de préserver le transfert) ne va quasiment rien dire, pratiquement pas intervenir. Dans beaucoup de cas la personne va se décourager : « J’ai vu un psy trois fois ; il ne m’a pas dit un mot ; j’ai arrêté ! » est une réflexion couramment entendue. Même si ce n’est pas complètement vrai, il n’empêche que la demande était là et que la réponse n’y était pas. La personne va renoncer et parfois même s’abstenir de toute autre consultation psy, généralisant alors son expérience : « tous les psys sont comme ça ! » Ceci est d’autant plus dommage que durant toutes ces dernières années se sont développées des approches psychologiques très efficaces, nommées « thérapies brèves ». Grâce à celles-ci, en quelques séances (souvent de 1 à 6), le consultant peut trouver un soulagement, une solution, une libération. La plupart du temps il s’agit de « poser le problème autrement », ce qui brusquement fait apparaître d’autres visions, d’autres comportements, d’autres affects. Et le changement s’enclenche, amenant du même coup les retrouvailles avec l’espoir et la confiance en soi. Devant cette perspective comment ne pas attendre du thérapeute une attitude active et efficace qui permette un soulagement rapide ? C’est pourquoi la Thérapie AIRE commence généralement par ce genre de soutien. Mais, et c’est là le deuxième constat, cette sortie du problème immédiat, ce mieux-être, cette amélioration ne « tiennent » pas dans le temps. En effet ce qui guide nos comportements ce sont nos façons de voir, nos croyances, nos valeurs, et ces points sont inscrits profondément en nous car ils sont issus de toutes les expériences qui ont été les nôtres, particulièrement celles de l’enfance, au moment où le socle de base de notre personnalité s’est constitué. Et là le travail psychologique exige une approche analytique profonde. Comment rejoindre ces mécaniques inconscientes, qui mènent notre destin sans que nous nous en rendions compte ? Par le travail avec le Transfert disent les psychanalystes. Transfert : revivre, sans le savoir, à l’intérieur du cadre des séances, les expériences de notre enfance. Et le psychanalyste, à l’aide de l’interprétation de ce Transfert, aidera le patient à voir ce qui le mène et à s’en déprendre (évidemment tout ceci est une schématisation à grands traits du travail psychanalytique). Vu l’importance de la question du Transfert, les psychanalystes ne veulent pas risquer de polluer la situation en ayant des interventions actives (thérapies brèves) que d’ailleurs ils ne connaissent généralement pas. Reste donc la tâche capitale de dénouer les nÅ“uds inconscients. Comment s’y prend la Thérapie AIRE ? |