L’avenir du drame de l’enfant doué Alice Miller | PUF 2006 | | Au cours de mes vingt années d’activité thérapeutique, écrit Alice Miller, je me suis vue à maintes reprises confrontée avec un type de destin d’enfant qui me paraît caractéristique des individus exerçant une profession d’aide à autrui. 1° Ils ont eu une mère souffrant d’une profonde insécurité émotionnelle, dont l’équilibre affectif dépendait d’un comportement donné ou d’une certaine manière d’être de l’enfant. Cette insécurité a fort bien pu rester cachée à l’enfant, et à tout l’entourage, derrière une façade dure, autoritaire, voire totalitaire. 2° S’ajoutait à cela une étonnante aptitude de l’enfant à sentir par intuition, donc de manière inconsciente, ce besoin de sa mère et à y répondre. 3° …Ces enfants développent finalement une sensibilité très particulière aux signaux inconscients des besoins d’autrui .Rien d’étonnant à ce que, plus tard, ils choisissent souvent la profession de psychothérapeute. Qui donc, s’il n’avait pareils antécédents, trouverait la tâche suffisamment intéressante pour passer ses journées à tenter de découvrir ce qui se passe dans l’inconscient d’autrui ? Dans le chapitre Dépression et grandiosité : « On peut donc voir en la dépression un signe direct de la perte du Soi, à savoir le déni de ses propres sentiments et réactions affectives. Ce déni a commencé chez l’enfant, pour lui permettre de s’adapter, une nécessité vitale, car il avait peur de perdre l’amour de ses parents. C’est pourquoi la dépression renvoie à une blessure très ancienne. » J’ai bien aimé ce livre clair, illustré par des exemples concrets ; on y retrouve évidemment le thème cher à Alice Miller, celui de la maltraitance. Et, une fois n’est pas coutume, il est facile à lire et court ! | Louise LAVILLE-NOEL |
L’avenir du drame de l’enfant doué Alice Miller | PUF 2006 | | Alice Miller dresse un tableau des caractéristiques communes aux thérapeutes. Elle montre et explique à quel point, il est important que le thérapeute ait fait une thérapie « profonde » pour ne pas « manipuler » inconsciemment son patient. Ce livre est constitué de trois partie, l’une consacrée au profil du thérapeute « enfant doué » pour ressentir les besoins de ses parents, la deuxième à la dépression et à la grandiosité (deux formes du déni) et la troisième au cercle vicieux du mépris. Le drame de l’enfant doué et comment nous sommes devenus psychothérapeutes. Alice Miller, au cours de vingt ans d’activités thérapeutique, s’est vue confrontée avec un type de destin d’enfant qui lui paraît caractéristique des individus exerçant une profession d’aide à autrui. 1. Ils ont une mère souffrant d’une profonde insécurité émotionnelle, dont l’équilibre affectif dépendait d’un comportement donné ou d’une certaine manière d’être de l’enfant. Cette insécurité a fort bien pu rester cacher à l’enfant et à l’entourage derrière une façade dure et autoritaire. 2. S’ajoutait à cela une étonnante aptitude de l’enfant à sentir par intuition, donc également de manière inconsciente, le besoin de sa mère et à y répondre, c'est-à-dire à assumer la fonction qui lui était inconsciemment assignée. 3. L’enfant s’assurait de la sorte l’ « amour » des parents. Il sentait qu’on avait besoin de lui, et sa vie se trouvait ainsi légitimée. Cette capacité d’adaptation va se développer et se perfectionner, et ces enfants deviendront non seulement la mère de leur mère, mais prennent souvent en charge leurs frères et sœurs, et ils développent finalement une sensibilité très particulière aux signaux inconscients des besoins d’autrui. Rien d’étonnant à ce qu’ils choisissent plus tard la profession de psychothérapeute. C’est dans la formation et l’affinement de cette sensibilité différenciée, qui autrefois a aidé l’enfant à survivre et plus tard va inciter l’adulte à embrasser une profession d’aide à autrui, que réside les racines du trouble. Elle pousse perpétuellement le « secoureur » à vouloir satisfaire à travers des personnes érigées en substituts ses besoins inassouvis dans l’enfance. La sensibilité du thérapeute, sa capacité d’intuition, ses « antennes » particulièrement développés indiquent qu’enfant il a été utilisé – sinon abusivement exploité – par des êtres en état de besoin. Théoriquement, il est bien sûr possible qu’un enfant ait grandi auprès de parents qui le voyaient tel qu’il était, le comprenaient, toléraient et respectaient ses sentiments. Cet enfant aurait développé un sentiment sain de sa propre valeur. Mais il est peu probable : 1. Qu’il embrasse plus tard la profession de thérapeute. 2. Qu’il construise et développe la nécessaire sensibilité aux autres dans les mêmes proportions que les enfants « exploités ». 3. Qu’il comprenne réellement, de par sa propre expérience, ce que signifie « avoir trahi » son Soi. Ce que j’en pense : Elle décrit bien le processus thérapeutique nécessaire afin d’évoluer vers l’autonomie et montre à quel point, il est important que le thérapeute ait lui-même fait un véritable travail profond sur lui-même. Sa sollicitude envers l’enfant trahi qui existe en chacun de nous transparaît entre les lignes. Un « cri du cœur » qui incite au travail sur soi, pour soi-même et pour être de « bons thérapeutes » qui peuvent accompagner au mieux leurs patients. Ce texte écrit au départ à l’intention de ses confrères psychanalystes afin de les convaincre de la grande importance des émotions pour le développement de l’être humain ne peut que renforcer mon adhésion à la thérapie AIRE qui allie émotionnel et analyse de notre propre vérité. | Au cours de mes vingt années d’activité thérapeutique, écrit Alice Miller, je me suis vue à maintes reprises confrontée avec un type de destin d’enfant qui me paraît caractéristique des individus exerçant une profession d’aide à autrui. 1° Ils ont eu une mère souffrant d’une profonde insécurité émotionnelle, dont l’équilibre affectif dépendait d’un comportement donné ou d’une certaine manière d’être de l’enfant. Cette insécurité a fort bien pu rester cachée à l’enfant, et à tout l’entourage, derrière une façade dure, autoritaire, voire totalitaire. 2° S’ajoutait à cela une étonnante aptitude de l’enfant à sentir par intuition, donc de manière inconsciente, ce besoin de sa mère et à y répondre. 3° …Ces enfants développent finalement une sensibilité très particulière aux signaux inconscients des besoins d’autrui .Rien d’étonnant à ce que, plus tard, ils choisissent souvent la profession de psychothérapeute. Qui donc, s’il n’avait pareils antécédents, trouverait la tâche suffisamment intéressante pour passer ses journées à tenter de découvrir ce qui se passe dans l’inconscient d’autrui ? Dans le chapitre Dépression et grandiosité : « On peut donc voir en la dépression un signe direct de la perte du Soi, à savoir le déni de ses propres sentiments et réactions affectives. Ce déni a commencé chez l’enfant, pour lui permettre de s’adapter, une nécessité vitale, car il avait peur de perdre l’amour de ses parents. C’est pourquoi la dépression renvoie à une blessure très ancienne. » J’ai bien aimé ce livre clair, illustré par des exemples concrets ; on y retrouve évidemment le thème cher à Alice Miller, celui de la maltraitance. Et, une fois n’est pas coutume, il est facile à lire et court ! | Dominique SAURY |
L’AVENIR DU DRAME DE L’ENFANT DOUE Alice Miller | PUF, janvier 2002 | | Cet enfant est celui qui a dû s’adapter très tôt à des parents « inaptes ». Il a développé une grande sensibilité aux signaux inconscients des besoins d’autrui. Il n’est donc pas étonnant qu’on le retrouve « thérapeute ». Mais s’il n’a pas pris conscience qu’il a été mutilé de ses sentiments à lui et a développé un faux-self il peut projeter et compenser inconsciemment sur ses « Patients ». La dépression et la grandiosité (endroit, envers d’une même pièce) sont le prix qu’il paie tant qu’il est loin de son « vrai soi ». En thérapie, il peut faire une prise de conscience du déni de sa réalité (mécanisme de défense qui lui a permis de survivre) et retrouve les émotions liées aux situations problématiques de son enfance. L’accompagnement de cette entreprise de conscientisation exige doigté et délicatesse et surtout une bonne maîtrise du contre-transfert. C’est une lecture facile dans un langage direct illustré de cas vécus en thérapie. Alice Miller se révèle une psy qui a su écouter avec respect, grande honnêteté et empathie ; une autre psy qui donne envie qu’on lui ressemble. | Françoise Peigné |
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