Filles sans père : L'attente du père dans l'imaginaire féminin
   
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FILLES SANS PERE

L’attente du père dans l’imaginaire féminin

Louise GRENIER

Editions Quebecor
2004

 

 

Quelles sont donc ces filles sans père ? Ce sont les filles de père absent répond l’auteur. Si l’absence du père peut effectivement être due à un décès précoce, Louise Grenier considère toutes les absences du père, que ce soit le père mort, abuseur, silencieux, exclu ou déprécié par la mère, comme désastreuses pour leur fille.

 

Ces filles sans père vivent l’attente éternelle de celui-ci, attente d’être filles de leur père par le cœur et non seulement par la chair, attente d’un héritage d’amour, de savoir et de désir.

 

Cette absence du père aura comme principale répercussion une importante difficulté à se construire pour cette fille non connue, non reconnue dans le regard du père. Les troubles narcissiques, s’aimer trop ou pas du tout, sont notables. Les filles sans père restent dans leurs relations interpersonnelles de petites filles et n’investissent les autres que comme dispensateur d’amour et de reconnaissance.

 

Dans leur imaginaire, le père revêt un statut transcendant, il est surévalué, surdimensionné, élevé au rang de divinité. Mais sous l’idéalisation couvent les tendances autodestructives qui s’affichent lors de passages à l’acte. Les filles sans père flirtent avec l’abîme dans un monde sans limites, sans amour, sans repères, un non-lieu. Car le père c’est la frontière, la limite : les filles sans père sont sans limites, pour elles l’absence de père c’est l’absence à soi-même, le vide absolu.

 

Illustrant son analyse de fragments cliniques, textes littéraires et extraits de vie de personnalités, Louise Grenier tout au long de ce livre explore les multiples facettes de l’autodestructivité des filles sans père et nous livre leurs souffrances.

 

Un livre captivant qui ne peut laisser indifférent, surtout les personnes concernées, leurs proches ou les psychothérapeutes.

 

 

Dominique Marion