Winnicott (1896.1971), tout d’abord médecin, pédiatre puis psychanalyse anglais. Il se sent vite limité dans ses consultations en pédiatrie, il s’intéresse alors à la psychanalyse d’enfants qui n’en est qu’à ses balbutiements, à travers les travaux de Mélanie Klein et qui débutent en 1925. Mélanie Klein était son superviseur. Il n’a pas été « Kleinien »à proprement parler, il préfère sa voix personnelle. Winnicott n’a pas fait d’école, mais est considéré par les plus grands (Freud, Lacan, Klein) comme révolutionnaire plutôt embarrassant. Ce livre rassemble des conférences données par Winnicott à des membres du corps médical, parents, instituteurs, toutes personnes ayant rapports à l’enfant. Il défend l’idée qu’une mère sait ce qu’elle a à faire avec son bébé et que l’instruction du corps médical n’a pas à détruire cette capacité qu’a une mère à être naturellement « suffisamment bonne ». La psychanalyse a permis le diagnostique de la mère en bonne santé, saine et mure avec tout de même le besoin qu’on l’instruise, à l’opposé de la mère malade, avec le besoin qu’on la rassure. La prise en charge de la mère et de son bébé a évoluée en prenant en compte certes, la sensibilité postnatal de la maman, qui pourtant est la seule personne capable de présenter le monde au bébé d’une façon qui ait un sens pour lui, parce qu’elle est une mère naturellement. Winnicott insiste bien sur l’importance pour le soignant de respecter l’attitude, même si parfois ressentie comme agaçante, qu’a la mère avec sa capacité à être : une mère suffisamment bonne sachant que celle-ci se souvient des soins qu’elle a elle-même reçu. Ces souvenirs constituent ; soit une aide, soit un obstacle dans sa propre expérience de vie. Winnicott rappelle l’importance d’un bon « holding » dans le développement psychique de l’enfant, il y intègre la communication silencieuse entre ces deux êtres : L’un dans une dépendance entière, avec un Moi qui progressivement devient un Moi autonome, tout en traversant des angoisses. « s’en aller en morceaux, faire une chute sans fin, mourir, mourir, mourir, perdre tout espoir de voir le contact se rétablir ». La mère est dans une écoute et une prévisibilité des besoins de son enfant, d’une façon instinctuelle, dans la non verbalisation (respiration, bercement…). Elle apporte sécurité à celui qui est son centre d’intérêt, parce qu’elle sait ce qu’il ressent. Un bon holding développe une confiance en un monde amical et permet de connaître un développement affectif rapide, ainsi que d’édifier les bases de la personnalité. Lors d’un holding insuffisamment bon, le bébé gardera le souvenir d’une expérience traumatique. La psychanalyse sensibilise les personnes dans le champ des relations humaines, au respect mutuel entre les êtres et à celui des droits de l’individu. Ayant affaire à des humains et non à des machines, malgré la nécessité de la technique, le technicien doit savoir comment les gens vivent, pensent et profitent de leur expérience. Winnicott parle alors « d’offense » par moment, de la part du corps médical dans l’abstraction de l’importance de la relation. Winnicott avec sa sensibilité, donne à la mère sa place naturelle, en qui il est nécessaire d’avoir confiance. Ce livre est à conseiller aux mamans souvent dans le doute de leur capacité à être des mères suffisamment bonnes. Les rayons de presse et de librairie entretiennent à mon sens ces doutes, ils regorgent en effet de conseils à « faire » plutôt que celui « d’être » et de croire en cette relation naturelle entre le bébé et la mère. |