Bébé et sa mère (Le)
   
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LE BEBE ET SA MERE

 

Donald W. Winnicott

Editions Payot
1992

 

 

 

Ce livre regroupe quelques articles rédigés par Donald W. Winnicott concernant la relation mère–enfant.

L’auteur y développe le précepte de « mère suffisamment bonne » et démontre combien le travail d’adaptation de la mère à son bébé revêt d’importance pour le développement de celui-ci. C’est elle qui, en assurant un environnement facilitant, pose les bases de la santé psychique de son enfant.

 

Pour Winnicott, une mère sait intuitivement ce qui convient ou non à son bébé, et aucune connaissance particulière ne peut remplacer ce savoir naturel : elle sait instinctivement comment porter, tenir son bébé (holding) comment le manipuler (handling), elle sait d’instinct à qui elle peut le confier, elle sait s’adapter à ses besoins fondamentaux.

 

C’est pendant les derniers mois de la grossesse que la mère investit la forte identification à son bébé nécessaire à cette expérience de dyade mère-enfant unique en son genre.

 

Winnicott, favorable à l’allaitement au sein, étend ici la notion de sein à l’ensemble des techniques de holding et handling.

 

Enfin, ce livre interpelle fortement le corps médical sur les répercussions psychologiques de leurs faits et gestes sur des êtres humains immatures. Il cherche à sensibiliser les soignants à la personnalité du bébé dans la perspective d’une prise en charge holistique de celui-ci.

 

J’apprécie de ce livre cette notion d’instinct, de comportement naturel de la mère qui connaît, reconnaît et répond spontanément aux besoins de son bébé.

 

 

Dominique Marion

 

 

LE BEBE ET SA MERE

Donald W. Winnicott

Sciences de l’Homme Payot

 

 

Winnicott (1896.1971), tout d’abord médecin, pédiatre puis psychanalyse anglais. Il se sent vite limité dans ses consultations en pédiatrie, il s’intéresse alors à la psychanalyse d’enfants qui n’en est qu’à ses balbutiements, à travers les travaux de Mélanie Klein et qui débutent en 1925.

Mélanie Klein était son superviseur. Il n’a pas été  « Kleinien »à proprement parler, il préfère sa voix personnelle. Winnicott n’a pas fait d’école, mais est considéré par les plus grands (Freud, Lacan, Klein) comme révolutionnaire  plutôt embarrassant.

 

  Ce livre rassemble des conférences données par Winnicott à des membres du corps médical, parents, instituteurs, toutes personnes ayant rapports à l’enfant. Il défend l’idée qu’une mère sait ce qu’elle a à faire avec son bébé et que l’instruction du corps médical n’a pas à détruire cette capacité  qu’a une mère à être naturellement « suffisamment bonne ». La psychanalyse a permis le diagnostique de la mère en bonne santé, saine et mure avec tout de même le besoin qu’on l’instruise, à l’opposé de la mère malade, avec le besoin qu’on la rassure. La prise en charge de la mère et de son bébé a évoluée en prenant en compte certes,  la sensibilité postnatal de la maman,  qui pourtant est la seule personne capable de présenter le monde au bébé d’une façon qui ait un sens pour lui, parce qu’elle est une mère naturellement. Winnicott insiste bien sur l’importance pour le soignant de respecter l’attitude, même si parfois ressentie comme agaçante, qu’a la mère avec sa capacité à être : une mère suffisamment bonne sachant que celle-ci se souvient des soins  qu’elle a elle-même reçu.

Ces souvenirs constituent ; soit  une aide, soit un obstacle dans sa propre expérience de vie.  Winnicott rappelle l’importance d’un bon « holding » dans le développement psychique de l’enfant, il y intègre la communication silencieuse entre ces deux êtres : L’un dans une dépendance entière, avec un Moi qui progressivement devient un Moi autonome, tout en traversant des angoisses. « s’en aller en morceaux, faire une chute sans fin, mourir, mourir, mourir, perdre tout espoir de voir le contact se rétablir ».  La mère est dans une écoute et une prévisibilité des besoins de son enfant, d’une façon instinctuelle, dans la non verbalisation (respiration, bercement…). Elle apporte  sécurité à celui qui est son centre d’intérêt, parce qu’elle sait ce qu’il ressent.

Un bon holding développe une confiance en un monde amical et permet de connaître un développement affectif rapide, ainsi que d’édifier les bases de la personnalité.

Lors d’un holding insuffisamment bon, le bébé gardera le souvenir d’une expérience traumatique.

   

  La psychanalyse sensibilise les personnes dans le champ des relations humaines, au respect  mutuel entre les êtres et à celui des droits de l’individu. Ayant affaire à des humains et non à des machines, malgré la nécessité de la technique, le technicien doit savoir comment les gens vivent, pensent et profitent de leur expérience. Winnicott parle alors « d’offense » par moment, de la part du corps médical  dans l’abstraction de l’importance de la relation.

 

  Winnicott avec sa sensibilité, donne à la mère sa place naturelle, en qui il est nécessaire d’avoir confiance. Ce livre est à conseiller aux mamans souvent dans le doute de leur capacité à être des mères suffisamment bonnes. Les rayons de presse et de librairie entretiennent  à mon sens ces doutes, ils regorgent en effet de conseils à « faire » plutôt que celui « d’être » et de croire en cette relation naturelle entre le bébé et la mère.        

                                                                                   

 

Véronique LEVER

 

 

LE BEBE ET SA MERE

Donald W. Winnicott

Ed. Payot, coll. Sciences de l'homme, 1992

 

 

Il s'agit d'un recueil de conférences, d'émissions radiophoniques, de communications à des colloques, au cours desquelles Winnicott s'adresse à un public varié : psychanalystes, pédiatres, sage-femmes, puéricultrices, parents.

Dans un langage clair et accessible, il expose la façon dont le psychisme de l'enfant se construit lors de sa naissance et dans les quelques mois qui suivent, les notions de holding, de handling, de mère suffisamment bonne, des psychismes mélangés entre la mère et son tout-petit.

Il insiste notamment sur le fait qu'il ne souhaite en aucune façon donner des conseils aux mères, qui dans l'ensemble sont « normalement dévouées », et font naturellement bien ce qu'elles ont à faire, mais plutôt conseiller le corps médical qui gravite autour d'elles afin qu'au lieu d'être dévalorisées et mises en doute, elles puissent se sentir soutenues et accompagnées. Ce qui ne l'empêche pas d'évoquer les conséquences désastreuses pour le bébé si elles sont malheureusement empêchées de s'occuper de lui correctement, pour quelque raison que ce soit.

 

 

Valérie Larose