La question de l’identification vous intéresse, vous cherchez et retenez l’ouvrage de P.Luquet, ancien président de la Société Psychanalytique de Paris. La 4ème de couverture vous séduit « L’originalité et la profondeur des thèses ici avancées font de ce livre un ouvrage de référence » Bien…vous lisez…une première fois. Vous ramez ! Avec courage, vous reprenez pour une deuxième lecture, le dit ouvrage de référence …pour finalement vous dire « si j’aurais su, j’aurais pas venu »…(le P’tit Gibus)…c’est votre référence à vous !!! Après toutes ces heures, que dites-vous, ces jours de lecture appliquée, vous trouvez ballot de tout envoyer promener maintenant. Vous êtes comme ivre de cette logorrhée psychanalytique, cette écriture dans son articulation concept/expression vous laisse complètement hébété. Vous rédigez un compte rendu de 15 pages afin de tenter de dégager les lignes de force du bouquin. Et là, vous vous inquiétez drôlement : voilà dix fois que vous relisez avec sérieux votre travail et que vous restez planté là, les yeux dans le vide esquissant un léger sourire benêt. And so what ? (gaps !) Vous décidez prestement de déclencher le plan ORSEC : Organisation Réfléchie des Séquences Effectivement Comprises ! Vous faites le tri et commencez à extraire laborieusement tout ce qui vous laisse perplexe ou dans l’incompréhension …erreur d’organisation ! Vous reprenez à l’inverse en ne gardant que les éléments éclairants dont vous pourrez parler… misère ! Bon…d’abord la trame générale. Dans cette réédition, les deux tiers du livre sont consacrés à l’étude des identifications précoces (170 pages quand même, écrit petit !), auxquels s’ajoutent trois articles sur les identifications tardives, puis deux articles sur les avatars des identifications, l’organisation mentale hystérique et l’organisation objectale du Moi dépressif, concluent le propos. Alors …qu’avez-vous retenu de cette obscure lecture? ...J !!! Ce qui se dégage, ce qui se dit tout au long de l’ouvrage, c’est toute l’importance de l’identification et du rôle essentiel qu’elle joue comme clé de voûte dans la construction de l’identité. La discussion de P.Luquet est fort intéressante pour comprendre comment l’identification précoce permet l’introjection de l’objet dans le premier développement du Moi. Ainsi, il va détailler à partir du mouvement oral jusqu’au clivage imagoïque, les différents étapes permettant au Moi d’introjecter ou d’internaliser l’objet sans se confondre avec lui. Assimiler la manière dont se crée l’imago structurante est fondamentale pour parfaitement entendre le but de la cure, via la régression, comme une modification des dites imagos inconscientes. Vous comprenez que le sujet sort de son narcissisme par le besoin de l’objet et qu’il va lutter contre ce traumatisme par une identification d’afin d’une part, de ramener l’objet dans le Moi et d’autre part de se libérer du besoin d’objet par un surinvestissement des fonctions du Moi. « C’est ce mouvement là qui crée à l’intérieur du Moi une imago structurante dont le sujet dépend et qui modifie toute sa relation avec le monde extérieur ». Modifier l’imago impose un retour à l’objet externe …oui mais voilà, ce processus s’avère impossible lorsqu’il y a refoulement. L’espace thérapeutique est l’endroit pour que la situation ayant déclenché le refoulement retrouve le chemin de la conscience. C’est une nouvelle expérience de la réalité, capitale, puisqu’elle permet un réinvestissement des fonctions de base du Moi, par assimilation de l’objet. Ici, vous avez apprécié le chapitre des identifications dans la cure (pour vous le plus accessible !) dans la synthèse du travail de l’analyste qu’il propose. La prise en compte d’un passé vécu et non d’un passé réel précise les enjeux transférentiels et fait de cette expérience de réalité une réalité à trois dimensions : une réalité en tant qu’objet permettant une expérience restauratrice, l’analyste va endosser l’imago puis par sa neutralité la rectifier ; une réalité d’une forme fonctionnelle de Moi auxiliaire ; une réalité d’objet primitif gratifiant. Ainsi, extérioriser son imago à l’état pur, c’est pour le patient, la possibilité de la reconnaître dans son Moi conscient et celle de pouvoir l’expulser en réintrojectant un nouvel objet plus positif. Vous ne doutez pas de l’intérêt de la question des identifications tardives ni de celles des avatars des identifications, seulement… le propos de l’auteur dans son contenu et dans sa forme vous laisse, pour la première, prisonnier d’un flou empreint de confusion, quant à la deuxième…vous en êtes sûr… vous n’avez rien compris de son charabia ! Vous êtes dépité ! A défaut de proposer une synthèse correcte de l’ouvrage, vous risquez une mise en garde…non, mieux… une invitation à attaquer ce foutu bouquin armé d’une expérience d’au moins...pfuttt…plus que ça même !!! |